Une découverte qui bouleverse nos certitudes sur la santé cardiovasculaire
Pendant longtemps, on a considéré les maladies cardiovasculaires comme un problème de personnes âgées. Cette vision rassurante vole aujourd’hui en éclats. Les plaques d’athérome, ces dépôts graisseux qui obstruent progressivement nos artères, commencent à se former bien plus tôt qu’on ne l’imaginait – parfois dès la vingtaine, voire l’adolescence.
Des chiffres qui interpellent : l’athérosclérose commence plus tôt qu’on ne le pense
L’étude REACT, menée conjointement au Danemark et en Espagne, a analysé les données de près de 17 000 adultes âgés de 18 à 70 ans. Les résultats sont saisissants : plus de 57 % des participants avec imagerie complète présentaient déjà des signes de maladie, et ce, sans aucun symptôme apparent.
Même chez les 18-29 ans, environ une personne sur 13 était concernée. Chez les femmes dans la trentaine, la prévalence atteint 21,3 %. Les hommes, eux, prennent de l’avance avec un schéma de maladie avancé de 5 à 10 ans par rapport aux femmes.
Bon à savoir 💡 : Entre 60 et 70 ans, seuls 1,9 % des hommes et 8,1 % des femmes n’avaient aucune plaque détectable. Cela signifie que la quasi-totalité de la population dans cette tranche d’âge présente une forme d’athérosclérose.
L’étude REACT : une radiographie inédite de nos artères
Le projet REACT représente une avancée majeure dans notre compréhension de l’athérosclérose. L’équipe pilotée par Henning Bundgaard, à l’Hôpital universitaire de Copenhague, et Borja Ibáñez, au Centre national espagnol de recherche cardiovasculaire, a utilisé des techniques d’imagerie de pointe pour détecter les plaques dans trois zones stratégiques : les artères du cou (carotides), celles des jambes (artères périphériques) et les artères coronaires du cœur.
Les chercheurs ont recherché des plaques grâce à l’échographie et au scanner. La maladie était considérée comme silencieuse dès qu’une plaque apparaissait dans au moins un de ces territoires, même en l’absence totale de symptômes.
Comprendre l’athérosclérose : quand les artères vieillissent en silence
Qu’est-ce que l’athérosclérose exactement ? 🔬
L’athérosclérose, c’est l’accumulation progressive de graisses, de cholestérol et d’autres substances dans la paroi des artères. Ces dépôts forment des plaques qui, avec le temps, rétrécissent le passage du sang. Le danger ne réside pas seulement dans ce rétrécissement progressif : si l’une de ces plaques se rompt, elle peut déclencher la formation d’un caillot sanguin, provoquant alors un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral (AVC).
Comment les plaques se forment-elles dans nos artères ?
Le processus commence souvent par une inflammation de la paroi artérielle. Le cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) s’infiltre dans cette paroi endommagée et s’oxyde. Le système immunitaire réagit en envoyant des cellules pour « nettoyer » ces dépôts, mais ces cellules finissent par se gorger de lipides et former ce qu’on appelle des « cellules spumeuses ».
Progressivement, ces accumulations forment une plaque qui peut contenir du cholestérol, du calcium, des débris cellulaires et du tissu fibreux. La plaque grossit, se calcifie et peut devenir instable. C’est cette instabilité qui représente le vrai danger.
La progression silencieuse : pourquoi ne ressent-on rien ?
L’athérosclérose est particulièrement sournoise car elle progresse sans donner le moindre signe d’alerte pendant des années, voire des décennies. Les artères ont une capacité remarquable de compensation : elles peuvent se dilater légèrement pour maintenir un flux sanguin correct même lorsqu’une plaque commence à se former.
Ce n’est généralement que lorsque l’obstruction atteint 70 à 80 % du diamètre de l’artère que des symptômes apparaissent – douleurs thoraciques à l’effort, essoufflement, crampes dans les jambes lors de la marche. Mais à ce stade, la maladie est déjà très avancée.
Les facteurs de risque cachés qui accélèrent le processus
Comprendre ce qui favorise l’athérosclérose précoce est essentiel pour agir efficacement. Les facteurs de risque se divisent en deux catégories : ceux sur lesquels vous pouvez agir et ceux qui sont inscrits dans vos gènes.
Les coupables modifiables : ce qui dépend de vous
Le tabagisme : un ennemi redoutable même chez les jeunes
Le tabac est l’un des facteurs de risque les plus importants de l’athérosclérose, et ce, quel que soit l’âge. Chaque cigarette endommage la paroi interne des artères, favorise le rétrécissement des vaisseaux sanguins et augmente le risque d’infarctus. Les substances toxiques contenues dans la fumée de cigarette provoquent une inflammation chronique et accélèrent l’oxydation du cholestérol LDL.
Le tabagisme passif constitue également un risque significatif, particulièrement préoccupant pour les enfants et adolescents exposés régulièrement à la fumée.
L’alimentation moderne : un cocktail explosif pour vos artères
Notre alimentation contemporaine, riche en aliments ultra-transformés, en graisses saturées, en sucres raffinés et en sel, constitue un terrain fertile pour l’athérosclérose. Un taux élevé de « mauvais » cholestérol (LDL-C) est un composant majeur des plaques d’athérome et peut, à lui seul, provoquer le développement de la maladie.
L’obésité et le surpoids, souvent conséquences d’une alimentation déséquilibrée, contribuent également à l’hypertension, à la dyslipidémie (anomalies des lipides sanguins) et à la résistance à l’insuline. L’obésité chez les jeunes est une préoccupation croissante qui explique en partie l’apparition plus précoce de l’athérosclérose.
La sédentarité : quand l’inactivité tue à petit feu ⚠️
Un mode de vie inactif met gravement en danger le système cardiovasculaire. La sédentarité, très répandue chez les jeunes avec l’omniprésence des écrans, est un facteur de risque majeur d’athérosclérose précoce. L’absence d’activité physique régulière contribue à la prise de poids, à l’élévation de la tension artérielle et à la détérioration du profil lipidique.
D’autres facteurs modifiables incluent :
– L’hypertension artérielle, souvent silencieuse, qui fragilise la paroi vasculaire
– Le diabète, particulièrement le type 2, destructeur de la paroi artérielle
– Le stress chronique, la colère, l’hostilité, la dépression et l’anxiété
– La consommation excessive d’alcool, même modérée selon les études récentes
Les facteurs non modifiables : connaître son terrain
La génétique et les antécédents familiaux
Des antécédents familiaux de maladies cardiovasculaires précoces augmentent significativement le risque. Si un parent masculin a développé une maladie coronarienne avant 55 ans ou un parent féminin avant 65 ans, votre risque est accru. L’hypercholestérolémie familiale, une maladie génétique caractérisée par un taux de cholestérol très élevé dès la naissance, en est un exemple frappant.
La lipoproténe(a) ou Lp(a), une particule lipidique dont le taux est déterminé génétiquement, constitue un facteur de risque indépendant. Un taux élevé de Lp(a) peut augmenter le risque cardiovasculaire même chez les personnes ayant un mode de vie sain ou suivant un traitement pour le cholestérol.
Les différences entre hommes et femmes
L’étude REACT confirme que les hommes développent l’athérosclérose plus tôt que les femmes, avec une avance de 5 à 10 ans. Chez les femmes, l’augmentation la plus marquée de la prévalence survient entre 40 et 60 ans, coïncidant avec la transition ménopausique. Avant la ménopause, les hormones féminines, notamment les œstrogènes, exercent un effet protecteur sur les artères. Après la ménopause, ce bouclier hormonal disparaît et les femmes rattrapent rapidement les hommes en termes de risque cardiovasculaire.

Témoignages : quand la découverte surprend 💬
« À 40 ans, je pensais être trop jeune pour ça »
Un homme de 40 ans, sans antécédents familiaux ni symptômes apparents, a découvert qu’il souffrait d’une « athérosclérose très légère » lors d’une consultation médicale pour un tout autre motif. Bien que son diagnostic ne soit pas terminal, cette révélation a été déconcertante pour lui, car il associait les maladies cardiaques à des âges plus avancés.
Il attribue en partie cette condition au stress lié à un travail exigeant, à la parentalité et à un mariage difficile. Comme il le confie : « Je me considère chanceux de l’avoir découvert à 40 ans plutôt qu’à 50 ou 60 ans, potentiellement suite à une crise cardiaque ». Son témoignage souligne l’importance cruciale du dépistage précoce.
L’histoire d’une femme de 39 ans face à un diagnostic inattendu
Sur un forum de discussion dédié aux maladies cardiovasculaires, une femme témoigne avoir été diagnostiquée d’athérosclérose, d’un infarctus du myocarde et d’une artériopathie des membres inférieurs à seulement 39 ans. Malgré l’absence de symptômes initiaux, elle a appris la gravité de sa situation par un angiologue.
Elle mentionne que son taux de cholestérol élevé serait d’origine génétique et que l’athérosclérose touche généralement les femmes après 50 ans, ce qui a surpris les médecins. Malgré la gêne due à la lourdeur du traitement et à un régime alimentaire strict ayant entraîné une perte de 13 kg, elle a pris conscience de l’importance de gérer activement sa condition.
Ces récits illustrent le caractère insidieux de l’athérosclérose, qui peut progresser sans signes avant-coureurs et être découverte de manière fortuite ou suite à des complications graves.
Les limites des outils de dépistage traditionnels
Pourquoi le score SCORE2 ne suffit plus
Les médecins estiment habituellement le risque cardiovasculaire à partir de l’âge, de la tension artérielle, du taux de cholestérol, du tabagisme et d’autres facteurs de risque classiques. Le score SCORE2, largement utilisé en Europe, calcule le risque de développer une maladie cardiovasculaire dans les 10 prochaines années.
C’est utile, certes. Mais cela ne dit pas forcément si la maladie est déjà là, silencieusement installée dans vos artères.
Le décalage entre risque calculé et maladie réelle
En comparant l’imagerie au score SCORE2, les chercheurs de l’étude REACT ont trouvé un décalage net. Chez les 40-69 ans, le seuil de haut risque de SCORE2 n’identifiait que 1,9 % des personnes qui avaient pourtant une athérosclérose silencieuse visible à l’imagerie. L’écart était encore plus marqué chez les plus jeunes.
Cela signifie que des milliers de personnes considérées comme « à faible risque » selon les critères traditionnels portent déjà en elles les germes d’une future maladie cardiovasculaire. Les outils de prédiction du risque passent à côté de la réalité anatomique de la maladie.
Les nouvelles technologies qui révolutionnent le dépistage
Heureusement, la médecine ne reste pas les bras croisés. Les avancées technologiques permettent aujourd’hui de détecter l’athérosclérose bien plus tôt et plus précisément qu’auparavant.
L’imagerie médicale de pointe : voir l’invisible
Scanner et IRM : des images de plus en plus précises
L’Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) et le scanner, notamment le coroscanner, offrent des images détaillées des plaques athéromateuses, permettant d’évaluer leur composition et leur volume. Les IRM haute résolution peuvent identifier la couche lipidique des plaques, les calcifications, les hémorragies intra-plaques et même la néovascularisation (formation de nouveaux vaisseaux sanguins dans la plaque, signe d’instabilité).
Le scanner cardiaque sans injection est également utilisé pour mesurer le score calcique des artères coronaires, un indicateur fiable de l’athérosclérose. Plus ce score est élevé, plus la charge de plaques est importante.
L’échographie Doppler et la mesure de l’épaisseur intima-média
L’échographie Doppler évalue le flux sanguin et détecte les rétrécissements dans les artères périphériques. L’échographie de l’épaisseur intima-média carotidienne (IMT-c) est une méthode non douloureuse, rapide et reproductible utilisée pour dépister l’athérosclérose infraclinique (avant l’apparition des symptômes).
Cette technique mesure l’épaisseur de la paroi interne de l’artère carotide. Un épaississement de cette paroi est un signe précoce d’athérosclérose et permet d’identifier les personnes à risque avant qu’elles ne développent des complications.
Les biomarqueurs sanguins : des indicateurs précoces prometteurs 🩸
La recherche a permis d’identifier plusieurs biomarqueurs sanguins capables de signaler une inflammation ou une activité des plaques d’athérome :
- La protéine C-réactive (CRP) ultra-sensible peut indiquer une inflammation artérielle
- La Lp-PLA2 est liée à l’activité des plaques
- Les microARN, des petites molécules régulatrices, sont à l’étude comme biomarqueurs prometteurs
- L’apolipoprotéine B (ApoB) est de plus en plus considérée comme un marqueur de risque supérieur au cholestérol LDL, offrant un comptage direct des particules athérogènes dans le sang
L’intelligence artificielle au service de la détection précoce
L’intelligence artificielle (IA) joue un rôle croissant dans l’analyse plus fine des images médicales. Des algorithmes sont développés pour analyser des fonds d’œil et repérer des anomalies vasculaires caractéristiques de l’athérosclérose, ouvrant la voie à des outils de diagnostic simples, rapides et fiables.
Des capteurs portables sont également en développement pour surveiller en continu la circulation sanguine chez les patients à risque. Une technologie émergente, l’indice d’atténuation de la graisse (FAI) dérivé de l’angiographie coronaire par scanner, permet de cartographier et de quantifier l’inflammation péricoronaire, une cause fondamentale de l’athérosclérose.
Agir maintenant : les recommandations pour ralentir le processus ⚡
La bonne nouvelle, c’est que même si l’athérosclérose commence tôt, il n’est jamais trop tard pour agir. Et surtout, il n’est jamais trop tôt pour commencer la prévention.
L’alimentation anti-athérosclérose : vos artères vous remercieront
Les fruits et légumes : vos meilleurs alliés cardiovasculaires 🥗
Une consommation abondante de fruits et légumes frais, riches en fibres, vitamines, minéraux et antioxydants, est cruciale. Des études montrent qu’une consommation élevée dès l’âge de 20 ans peut réduire le risque d’athérosclérose à 40 ans.
La Fédération Française de Cardiologie recommande de consommer 8 à 9 portions de fruits et légumes par jour pour une meilleure santé cardiaque. Oui, c’est ambitieux, mais chaque portion supplémentaire compte !
Les bonnes graisses à privilégier
Toutes les graisses ne se valent pas. Il est conseillé de privilégier :
– Les graisses mono-insaturées : huile d’olive, de sésame, de colza, avocat
– Les graisses polyinsaturées, notamment les oméga-3 : noix, graines de lin, poissons gras (sardines, maquereaux, saumon)
À l’inverse, limitez drastiquement :
– Les graisses trans présentes dans les aliments transformés et les viennoiseries industrielles
– Les graisses saturées en excès (charcuterie, fromages gras, viandes grasses)
Ce qu’il faut absolument limiter
Les mauvaises habitudes alimentaires contribuent à l’obésité, à l’hypertension artérielle et au diabète de type 2, des facteurs de risque majeurs. Il est recommandé de réduire :
– Les viandes transformées (charcuterie, saucisses)
– Les produits très salés
– Les boissons sucr és et les aliments riches en sucres raffinés
– Les aliments ultra-transformés
Le régime méditerranéen 🌊 : Ce régime, riche en végétaux, en graisses insaturées de bonne qualité (huile d’olive) et en aliments peu transformés, est fortement recommandé pour la prévention cardiovasculaire. De nombreuses études ont démontré ses bénéfices sur la santé du cœur et des artères.
L’activité physique : un médicament naturel puissant 🏃♀️
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande aux enfants de 5 à 17 ans de pratiquer 60 minutes d’activité physique par jour pour renforcer leur capital santé cardiovasculaire. Chez les adultes, visez au moins 150 minutes d’exercice d’intensité modérée ou 75 minutes d’exercice rapide par semaine.
L’activité physique contribue à :
– Réguler le poids
– Contrôler la tension artérielle
– Améliorer le profil lipidique (augmentation du « bon » cholestérol HDL)
– Réduire la résistance à l’insuline
– Ralentir la progression des plaques d’athérome
– Maintenir la souplesse des artères
Pas besoin de devenir un athlète olympique ! Marche rapide, vélo, natation, danse… L’important est de bouger régulièrement et avec plaisir.
Les autres mesures de prévention essentielles
Éviter le tabagisme : Le tabac, sous toutes ses formes, est un facteur de risque majeur et doit être évité dès le plus jeune âge. Si vous fumez, arrêter est la meilleure décision que vous puissiez prendre pour vos artères.
Connaître ses antécédents familiaux : De nombreuses maladies cardiaques ont une composante héréditaire. Être conscient des antécédents familiaux permet de prendre des mesures préventives précoces et de discuter avec votre médecin d’un éventuel dépistage.
Gérer le stress : Des pratiques comme le yoga, la méditation ou la respiration profonde peuvent aider à réduire la tension artérielle et l’inflammation chronique.
Contrôler les facteurs de risque : La gestion de l’hypertension artérielle, de l’hypercholestérolémie (notamment le cholestérol LDL) et du diabète est essentielle pour limiter la progression de la maladie. Des contrôles réguliers de la tension artérielle, du cholestérol et de la glycémie sont vivement recommandés.
Une perspective mondiale : l’athérosclérose précoce partout dans le monde
Les données internationales confirment la tendance
L’athérosclérose précoce n’est pas un phénomène isolé au Danemark et en Espagne. Des données provenant du monde entier confirment cette tendance inquiétante.
Aux États-Unis, l’étude PDAY (Pathobiological Determinants of Atherosclerosis in Youth), menée sur des participants âgés de 15 à 34 ans décédés de blessures accidentelles, a observé les premières lésions athérosclérotiques (« stries lipidiques ») entre 15 et 19 ans. L’athérosclérose est par ailleurs la première cause de maladie et de mortalité aux États-Unis.
En Suède, une étude basée sur les données de la population SCAPIS (30 000 Suédois âgés de 50 à 64 ans) a montré qu’environ 40 % des personnes sans maladie cardiaque connue présentaient des dépôts d’athérome.
En France, l’Étude Nationale Nutrition Santé (ENNS) de 2006-2007 indiquait que près de 30 % des personnes âgées de 18 à 74 ans présentaient une hypercholestérolémie, un facteur de risque majeur de l’athérosclérose. Environ 120 000 cas d’infarctus du myocarde et 150 000 AVC sont enregistrés chaque année en France, des complications directes de l’athérosclérose.
Des disparités selon les régions et les modes de vie
Une augmentation rapide et préoccupante de la prévalence de l’athérosclérose est observée dans les pays à revenu faible et intermédiaire, en partie due à l’accroissement de l’hypertension, des maladies chroniques et de l’apport calorique global. L’occidentalisation des modes de vie, avec l’adoption d’une alimentation riche en produits transformés et une diminution de l’activité physique, explique en grande partie cette évolution.
La maladie artérielle périphérique (MAP), principalement causée par l’athérosclérose, représente un problème de santé mondial croissant, avec 113,7 millions de cas estimés en 2021. La prévalence de la MAP augmente considérablement avec l’âge et touche de manière disproportionnée certains groupes démographiques.
Ce que cette recherche change concrètement pour vous
Faut-il se faire dépister plus tôt ?
Henning Bundgaard résume l’idée ainsi : « REACT montre que l’athérosclérose peut être détectée des décennies avant l’apparition des manifestations cliniques ». De son côté, Borja Ibáñez estime que l’on peut désormais détecter directement la maladie avant qu’elle ne provoque un accident cardiovasculaire.
Mais attention, pas de raccourci. Cette phase de REACT cartographie la fréquence de la maladie, elle ne prouve pas encore qu’un dépistage généralisé par imagerie améliore la santé. Un dépistage systématique de toute la population jeune par scanner ou IRM n’est pas encore recommandé, notamment en raison des coûts, de l’exposition aux radiations (pour le scanner) et du risque de sur-diagnostic.
Cependant, pour les personnes présentant des facteurs de risque importants (antécédents familiaux, hypercholestérolémie familiale, diabète précoce, tabagisme important), discuter d’un dépistage ciblé avec votre médecin peut être pertinent.
Les prochaines étapes de la recherche REACT
La prochaine étape, si elle est financée, sera un essai clinique randomisé. L’objectif sera de déterminer si le dépistage précoce de l’athérosclérose par imagerie, suivi d’interventions ciblées (traitement médicamenteux, modifications du mode de vie), permet réellement de réduire les événements cardiovasculaires (infarctus, AVC) et d’améliorer la survie.
Comment parler de ce risque avec votre médecin
La vraie information à retenir est là : la maladie cardiovasculaire peut commencer très tôt, longtemps avant les symptômes. N’attendez pas d’avoir 50 ou 60 ans pour vous préoccuper de votre santé cardiovasculaire.
Lors de votre prochaine consultation, n’hésitez pas à :
– Demander un bilan lipidique complet (cholestérol total, LDL, HDL, triglycérides, et si possible ApoB et Lp(a))
– Faire contrôler votre tension artérielle régulièrement
– Discuter de vos antécédents familiaux
– Évaluer ensemble votre mode de vie (alimentation, activité physique, tabac, stress)
– Envisager, si vous présentez des facteurs de risque, une mesure de l’épaisseur intima-média carotidienne ou un score calcique
L’athérosclérose silencieuse n’est plus une fatalité invisible. Grâce aux avancées de la recherche et aux nouvelles technologies de dépistage, nous pouvons aujourd’hui agir avant qu’il ne soit trop tard. Chaque choix que vous faites aujourd’hui – ce que vous mangez, votre niveau d’activité physique, votre décision d’arrêter de fumer – influence directement la santé de vos artères pour les décennies à venir.
Prenez soin de votre cœur dès maintenant, il vous le rendra au centuple ! ❤️













