Un budget santé qui pèse plus lourd pour les femmes 💸
Des chiffres qui interpellent : 2 549 € par an en moyenne
Selon une analyse menée en 2025 par Elsee Care auprès d’environ 1 500 femmes, le montant moyen consacré aux soins non remboursés s’élève à 2 549 € par an. Cette somme considérable représente plusieurs mois de budget pour de nombreux foyers, particulièrement dans un contexte où les femmes gagnent en moyenne 22,2 % de moins que les hommes.
Ces dépenses ne sont pas anecdotiques : elles traduisent des besoins de santé réels, souvent chroniques, qui ne trouvent pas de réponse satisfaisante dans le parcours de soins classique. Loin d’être un choix de “confort”, ces consultations et traitements répondent à une nécessité : soulager des symptômes invalidants, retrouver une qualité de vie acceptable, ou simplement être entendue et accompagnée.
Les postes de dépenses les plus coûteux
Les femmes interrogées ont identifié trois catégories principales de dépenses :
La santé mentale arrive en tête, avec des consultations psychologiques représentant en moyenne 614 € par an. Ce chiffre s’explique par une prévalence plus élevée de troubles anxieux et dépressifs chez les femmes, mais aussi par une plus grande propension à chercher de l’aide – une démarche qui devrait être encouragée, pas pénalisée financièrement.
Les médecines douces constituent le deuxième poste majeur. Ostéopathie, acupuncture, sophrologie, naturopathie : ces approches complémentaires sont plébiscitées pour gérer la douleur chronique, les troubles hormonaux ou accompagner des traitements lourds. Problème : elles sont rarement remboursées par le régime général, et seules certaines mutuelles proposent une prise en charge limitée.
Les compléments alimentaires, enfin, représentent une dépense moyenne de 518 € par an. Fer, magnésium, vitamines D et B, oméga-3… Ces suppléments sont souvent nécessaires pour pallier des carences liées aux cycles menstruels, à la grossesse, à l’allaitement ou à la ménopause.
Bon à savoir 💡 : Pour les femmes souffrant de pathologies spécifiques, ces montants grimpent encore davantage. Les femmes ménopausées dépensent en moyenne 2 807 € par an, celles atteintes d’endométriose ou de SOPK 2 643 €, et celles engagées dans un parcours de fertilité environ 2 487 €.
Quand les inégalités de revenus aggravent la facture
L’écart salarial : 22,2 % de revenus en moins
Pour comprendre pourquoi ces dépenses pèsent particulièrement lourd, il faut d’abord regarder du côté des revenus. En 2023, le revenu salarial annuel moyen des femmes dans le secteur privé était de 21 340 €, contre 27 430 € pour les hommes – soit un écart de 22,2 %.
Cet écart s’explique en partie par un volume de travail annuel inférieur de près de 10 % chez les femmes, dû à une moindre présence en emploi sur l’année et à une proportion plus élevée de travail à temps partiel. Mais même à temps de travail identique, le salaire moyen d’une femme reste inférieur de 14,2 % à celui d’un homme. Pour un emploi strictement comparable dans le même établissement, l’écart se réduit mais persiste à 3,6 %, révélant une discrimination salariale pure.
Les femmes sont également sous-représentées dans les secteurs les mieux rémunérés et n’occupent que 24 % des 1 % des postes les plus hauts. À l’inverse, elles sont surreprésentées dans des secteurs comme le secrétariat, le travail social ou les soins, souvent moins bien payés même à niveau de diplôme équivalent.
Précarité féminine : 53 % des personnes précaires sont des femmes
Ces inégalités de revenus ont un impact direct sur la précarité. Selon une étude de 2021 du ministère chargé de l’Égalité entre les hommes et les femmes, 53 % des personnes en situation de précarité et 57 % des bénéficiaires du RSA sont des femmes. Les femmes constituent également l’écrasante majorité des familles monoparentales, dont un tiers vit sous le seuil de pauvreté.
Cette vulnérabilité financière a des conséquences directes sur l’accès aux soins. En 2016, 64 % des personnes ayant renoncé à des soins au cours des douze derniers mois étaient des femmes, soit 9,5 millions de femmes chaque année. Les raisons invoquées : le manque d’argent, les dépassements d’honoraires, les délais d’attente trop longs.
Le cercle vicieux du renoncement aux soins
La précarité crée un cercle vicieux : moins de revenus signifie moins de capacité à se soigner, ce qui peut entraîner une dégradation de l’état de santé, elle-même susceptible d’impacter la capacité à travailler. Les femmes en situation de précarité font souvent passer leur santé au second plan, après celle de leurs enfants ou leurs difficultés financières immédiates.
La précarité menstruelle touche ainsi 1,7 million de femmes en France, qui peinent à se procurer des protections hygiéniques – un besoin pourtant fondamental. Ces dépenses “invisibles” s’ajoutent aux autres postes de santé non remboursés.
Des besoins de santé spécifiques encore mal reconnus
Endométriose, SOPK, ménopause : des pathologies coûteuses
La santé des femmes est marquée par des étapes biologiques et hormonales spécifiques : grossesse, post-partum, périménopause, ménopause. Ces périodes s’accompagnent souvent de symptômes chroniques qui nécessitent un accompagnement au long cours.
L’endométriose, qui touche près d’une femme sur dix, est emblématique de ces pathologies coûteuses et mal prises en charge. Le diagnostic prend en moyenne neuf ans – neuf années durant lesquelles les femmes multiplient les consultations, les examens, les traitements, souvent à leurs frais. Le gouvernement a récemment décidé de rembourser intégralement, à titre expérimental, un test salivaire pour faciliter le diagnostic, mais le chemin reste long.
Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et les troubles de la ménopause génèrent également des dépenses importantes : consultations spécialisées, traitements hormonaux, accompagnement psychologique pour gérer les symptômes (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, anxiété, dépression).
La santé mentale, un poste majeur de dépenses
Les femmes sont davantage touchées par les troubles anxieux et dépressifs, en partie à cause de facteurs biologiques (fluctuations hormonales), mais aussi sociaux : charge mentale, double journée de travail, violences conjugales, précarité économique.
Le dispositif “Mon soutien psy”, opérationnel depuis avril 2022 et élargi en juin 2024, permet une prise en charge partielle des séances chez le psychologue : jusqu’à 12 séances par an, remboursées à 60 % par l’Assurance Maladie sur la base d’un tarif conventionné de 50 € par séance. Le reste à charge peut être couvert par les complémentaires santé, et pour les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire (CSS), la prise en charge peut être totale.
Mais ce dispositif, bien qu’utile, reste insuffisant pour de nombreuses femmes qui nécessitent un suivi au long cours, parfois sur plusieurs années. Les 12 séances annuelles peuvent être rapidement épuisées, et le reste à charge, même réduit, demeure un obstacle pour les budgets les plus serrés.
Quand la douleur féminine est minimisée ou banalisée
Un phénomène particulièrement préoccupant aggrave la situation : 51 % des femmes déclarent que leurs symptômes ont déjà été minimisés ou ignorés en raison de leur genre. Cette banalisation de la douleur féminine entraîne des retards de diagnostic, des errances médicales, et finalement… des dépenses supplémentaires.
Combien de femmes ont consulté plusieurs médecins avant d’être enfin entendues ? Combien ont multiplié les examens, les traitements inadaptés, avant qu’on ne prenne au sérieux leurs symptômes ? Cette errance médicale a un coût, financier et humain.
Citation 💬 : “Des années de vie volées par ces poisons, des années de souffrance, de stress, d’incompréhension, de projets abandonnés, de difficultés financières, de dépenses de santé non prises en charge” – Cathy, infirmière, témoignant des conséquences de la pose d’implants Essure.
Les “restes à charge invisibles” : jusqu’à 1 500 € supplémentaires
Médecines douces et accompagnements non remboursés
Au-delà des chiffres d’Elsee Care, une enquête de France Assos Santé révèle l’existence de “restes à charge invisibles”, c’est-à-dire non comptabilisés dans les statistiques officielles. Ces frais s’élèvent en moyenne à environ 1 000 € par an, et même à plus de 1 500 € pour 22 % des personnes interrogées.
Pour les personnes atteintes de maladies chroniques ou en situation de handicap – des situations qui touchent proportionnellement plus de femmes –, ces frais peuvent dépasser les 8 200 € annuels pour les 10 % les plus touchées.
Ces dépenses concernent une multitude de soins essentiels mais non remboursés :
– Consultations d’ostéopathie pour soulager les douleurs pelviennes ou dorsales
– Séances d’acupuncture pour gérer les troubles hormonaux
– Accompagnement en sophrologie pour la gestion du stress et de la douleur
– Consultations de naturopathie pour un soutien global
Compléments alimentaires : 518 € par an en moyenne
Les compléments alimentaires représentent un poste de dépense significatif, souvent sous-estimé. Fer pour compenser les pertes menstruelles, magnésium pour réduire le stress et améliorer le sommeil, vitamines D et B pour soutenir l’énergie et l’humeur, oméga-3 pour la santé cardiovasculaire et cognitive…
Ces suppléments ne sont pas de simples “extras” : pour de nombreuses femmes, ils sont nécessaires pour maintenir un état de santé acceptable. Pourtant, ils ne sont jamais remboursés par l’Assurance Maladie, et rarement par les mutuelles.
Les frais liés aux parcours de fertilité
Les parcours de fertilité génèrent des coûts importants, estimés à environ 2 487 € par an. Si la procréation médicalement assistée (PMA) est en partie prise en charge, de nombreux frais restent à la charge des couples : consultations préalables, examens complémentaires, traitements de soutien, accompagnement psychologique.
Les femmes qui traversent ces parcours, souvent éprouvants physiquement et émotionnellement, doivent en plus gérer une charge financière conséquente, dans un contexte déjà fragilisant.
Ce que dit le système de santé de nos inégalités
Une médecine historiquement centrée sur les hommes
Le système de santé s’est historiquement construit autour de modèles masculins. Dans la recherche médicale, les essais cliniques ont longtemps été menés principalement sur des hommes, considérant que les résultats seraient transposables aux femmes. Cette approche a conduit à une méconnaissance des spécificités féminines en matière de symptômes, de réactions aux traitements, de dosages médicamenteux.
Les pathologies féminines ont été sous-étudiées pendant des décennies. L’endométriose, qui touche pourtant 10 % des femmes, n’a fait l’objet de recherches approfondies que très récemment. Le syndrome prémenstruel, les troubles de la ménopause, le SOPK : autant de conditions qui ont été minimisées, voire niées, avant d’être enfin reconnues comme de véritables problèmes de santé publique.
Des retards de diagnostic plus fréquents chez les femmes
La Haute Autorité de Santé souligne régulièrement que les femmes subissent des retards de diagnostic plus fréquents que les hommes. Cela concerne notamment :
– Les maladies cardiovasculaires, dont les symptômes diffèrent chez les femmes
– Les troubles auto-immuns, plus fréquents chez les femmes mais souvent diagnostiqués tardivement
– Les troubles psychiques, parfois attribués à tort à une “fragilité émotionnelle”
Ces retards ont des conséquences graves : aggravation de l’état de santé, traitements plus lourds et coûteux, séquelles à long terme.
Des parcours de soins fragmentés et coûteux
Lorsque les réponses médicales sont insuffisantes ou inadaptées, les femmes se retrouvent à naviguer dans un parcours de soins fragmenté : consultations multiples auprès de différents spécialistes, examens répétés, traitements successifs qui ne soulagent pas vraiment.
Cette fragmentation génère des coûts supplémentaires : déplacements, consultations non remboursées ou partiellement remboursées, temps perdu. Elle crée aussi une charge mentale considérable, obligeant les femmes à devenir expertes de leur propre pathologie pour obtenir enfin une prise en charge adaptée.
Les initiatives pour réduire le reste à charge
“Mon soutien psy” : 12 séances partiellement remboursées
Le dispositif “Mon soutien psy” représente une avancée significative. Depuis juin 2024, il permet un accès direct, sans prescription médicale obligatoire, pour les personnes dès 3 ans souffrant d’une souffrance psychique légère à modérée.
Modalités pratiques :
– Jusqu’à 12 séances par an
– Remboursement à 60 % par l’Assurance Maladie
– Tarif conventionné : 50 € par séance
– Reste à charge potentiellement couvert par les mutuelles
– Gratuité totale pour les bénéficiaires de la CSS
Ce dispositif répond à un besoin criant, mais il reste perfectible : 12 séances peuvent être insuffisantes pour un suivi au long cours, et le reste à charge, même réduit, demeure un obstacle pour certaines femmes.
Contraception gratuite et avancées en santé reproductive
Plusieurs mesures ont été mises en place pour améliorer l’accès à la santé reproductive :
📌 Contraception gratuite pour les femmes de moins de 25 ans depuis début 2022
📌 Pilule du lendemain accessible gratuitement à toutes les femmes depuis janvier 2023
📌 Préservatifs gratuits en pharmacie pour les jeunes de moins de 26 ans depuis janvier 2023
📌 Allongement du délai légal pour l’IVG de 12 à 14 semaines de grossesse (loi du 2 mars 2022)
📌 Vaccination gratuite contre le HPV dans les collèges pour les élèves de 5ème depuis février 2023
Ces mesures sont importantes, mais elles ne concernent qu’une partie des besoins de santé féminine. Les femmes de plus de 25 ans, celles qui traversent la ménopause, celles qui souffrent de pathologies chroniques restent confrontées à des restes à charge importants.
Le dispositif “100% Santé” et ses limites
Le dispositif “100% Santé” permet un remboursement intégral de certaines lunettes, prothèses dentaires et aides auditives. Bien que non spécifiquement destiné aux femmes, il réduit le reste à charge sur des postes de dépenses importants pour tous les assurés.
Cependant, ce dispositif ne couvre pas les besoins spécifiques de santé féminine : consultations psychologiques au-delà de 12 séances, médecines douces, compléments alimentaires, accompagnements pour l’endométriose ou la ménopause.
Le rôle crucial des mutuelles santé
Les mutuelles jouent un rôle de plus en plus important en complétant le remboursement de l’Assurance Maladie. Certaines, comme AÉSIO Mutuelle et Harmonie Mutuelle, développent des programmes spécifiques pour la santé des femmes, axés sur :
– La prévention (dépistages, consultations de suivi)
– L’accompagnement de pathologies spécifiques (endométriose, charge mentale)
– Des forfaits pour les médecines douces
– Des séances de psychologue supplémentaires
Le Groupe VYV a lancé le programme “Prenons soin des femmes” et des initiatives pour faciliter les conditions de travail des femmes handicapées.
Mais toutes les femmes n’ont pas accès à ces mutuelles de qualité. Les contrats les plus protecteurs sont aussi les plus coûteux, créant une nouvelle forme d’inégalité : celles qui en auraient le plus besoin ne peuvent pas toujours se les offrir.
Témoignages : vivre avec ces dépenses au quotidien 💬
“Des années de vie volées” : l’impact sur le quotidien
Les témoignages de femmes confrontées à ces dépenses révèlent l’ampleur du problème. Au-delà des chiffres, ce sont des vies impactées, des projets abandonnés, des souffrances prolongées.
Agn\u00e8s Rousseau, ancienne patiente atteinte d’un cancer du sein, raconte le coût des “soins de confort” post-cancer : perruques (dont le remboursement est partiel), vernis spéciaux pour protéger les ongles durant la chimiothérapie, pommades apaisantes pour les brûlures de radiothérapie. Des frais longtemps restés à la charge des malades, qui s’ajoutent au traumatisme de la maladie.
Une patiente atteinte de la maladie de Parkinson exprime son incompréhension face au refus de la Sécurité sociale de lui accorder une prise en charge à 100 %, alors que sa maladie est reconnue comme affection de longue durée. Elle doit continuer à payer de sa poche une partie de ses traitements et consultations.
Stratégies de survie et arbitrages difficiles
Face à ces dépenses, les femmes développent des stratégies, souvent contraintes :
Piocher dans ses économies : certaines sont obligées d’utiliser leur épargne, quand elles en ont, pour financer leurs soins. Cela compromet leur sécurité financière à long terme.
Recourir aux associations : les associations de patients jouent un rôle crucial en offrant information, soutien et orientation. Elles permettent de ne pas rester isolée face à la maladie et aux difficultés administratives.
Adapter sa mutuelle : pour celles qui le peuvent, examiner attentivement les garanties et opter pour des contrats plus protecteurs, même s’ils coûtent plus cher. Un calcul parfois difficile : payer plus de cotisations mensuelles pour réduire le reste à charge ponctuel.
Couper dans d’autres budgets : en situation de précarité, des sacrifices importants doivent être faits sur d’autres postes (alimentation, loisirs, vacances) pour prioriser la santé. Les mères célibataires sont particulièrement touchées par ces arbitrages impossibles.
L’errance médicale qui fait grimper la facture
L’errance médicale est un facteur aggravant majeur. Quand les symptômes sont minimisés, quand le diagnostic tarde, les femmes multiplient les consultations, parfois auprès de praticiens non conventionnés qui pratiquent des dépassements d’honoraires.
Une femme témoigne de sa déconvenue avec sa mutuelle qui, suite à un changement de législation, n’a pas remboursé les dépassements d’honoraires prévus pour son accouchement. Elle s’est retrouvée avec une facture de plusieurs centaines d’euros, alors qu’elle pensait être couverte.
Ces situations créent un sentiment d’injustice et d’incompréhension. Naviguer dans le système de santé devient un parcours du combattant, qui demande du temps, de l’énergie, et des compétences administratives que tout le monde ne possède pas.
Vers une meilleure prise en compte de la santé féminine
Les enjeux d’une reconnaissance pleine et entière
Les dépenses de santé non remboursées des femmes ne sont ni marginales ni anecdotiques. Elles traduisent des besoins spécifiques, encore imparfaitement intégrés aux parcours de soins classiques, et des inégalités de genre persistantes.
Santé publique France souligne que les inégalités de santé entre les femmes et les hommes persistent, notamment en matière de santé mentale et de santé au travail. La prise en compte des spécificités de la santé des femmes à chaque étape de leur vie est un enjeu de santé publique majeur.
Cela implique :
– Une meilleure formation des professionnels de santé aux pathologies féminines
– Des protocoles de diagnostic plus rapides pour l’endométriose, le SOPK, etc.
– Une reconnaissance de la douleur féminine comme symptôme légitime
– Un élargissement de la prise en charge des soins psychologiques et complémentaires
Mutuelles et programmes spécifiques pour les femmes
Les mutuelles ont un rôle à jouer en développant des programmes spécifiques. Certaines initiatives sont prometteuses :
– Forfaits dédiés aux médecines douces
– Accompagnement personnalisé pour les pathologies chroniques
– Séances de prévention et d’information
– Plateformes de téléconsultation spécialisées
Mais ces programmes doivent rester accessibles financièrement. Il ne s’agit pas de créer une santé à deux vitesses, où seules les femmes aisées pourraient bénéficier d’une prise en charge adaptée.
Ce qui doit encore changer
Malgré un système de protection sociale développé et un des taux de renoncement aux soins pour raisons financières les plus faibles d’Europe, des inégalités d’accès persistent. Plusieurs pistes d’amélioration se dessinent :
Élargir la prise en charge de la santé mentale : au-delà de 12 séances, pour les personnes nécessitant un suivi au long cours.
Rembourser certaines médecines complémentaires : l’ostéopathie, l’acupuncture ou la sophrologie, quand elles sont prescrites dans le cadre d’un parcours de soins coordonné.
Améliorer le diagnostic et la prise en charge de l’endométriose : le test salivaire remboursé est un début, mais il faut aller plus loin dans la formation des médecins et la création de centres experts.
Soutenir davantage les femmes en situation de précarité : en garantissant l’accès à une complémentaire santé de qualité, en luttant contre la précarité menstruelle, en facilitant l’accès aux soins pour les femmes sans domicile fixe.
Éviter les réformes qui fragilisent les plus vulnérables : des inquiétudes demeurent quant à certaines réformes, comme celle de l’Aide Médicale d’État (AME), qui pourrait priver des dizaines de milliers de femmes étrangères précaires de soins.
Les estimations disponibles mettent en lumière une réalité claire : une part significative de la santé féminine repose encore sur un investissement personnel. Ce n’est pas seulement une question de budget, c’est une question d’égalité, de dignité, de reconnaissance. Les femmes ne devraient pas avoir à choisir entre se soigner et boucler leurs fins de mois. Leur santé ne devrait pas être un luxe, mais un droit pleinement garanti. 💪
Les progrès récents sont encourageants, mais le chemin reste long. Il est temps de reconnaître pleinement les spécificités de la santé féminine et d’adapter notre système de soins en conséquence. Pour que toutes les femmes, quels que soient leurs revenus, puissent accéder aux soins dont elles ont besoin, sans se ruiner, sans renoncer, sans culpabiliser.














