Une prescription désormais obligatoire : ce qui change pour vous 💉
Depuis le 10 juillet 2026, tous les vaccins contre la grippe sont soumis à une obligation de prescription en France. Cette mesure, qui peut sembler contraignante au premier abord, s’inscrit dans une logique d’encadrement sanitaire renforcé.
Pourquoi cette nouvelle obligation ?
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a pris cette décision en inscrivant le virus de la grippe sur la liste I des substances vénéneuses. Rassurez-vous : il ne s’agit pas de restreindre l’accès à la vaccination, mais plutôt d’encadrer juridiquement la prescription et la délivrance des vaccins. Cette évolution prépare également l’organisation du stockage des vaccins par les professionnels de santé, facilitant ainsi leur administration.
Qui peut vous prescrire le vaccin ?
Bonne nouvelle : quatre catégories de professionnels peuvent désormais prescrire le vaccin antigrippal :
- Les médecins
- Les sages-femmes
- Les pharmaciens
- Les infirmiers
Pour les personnes âgées de 11 ans et plus, pharmaciens et infirmiers sont habilités à prescrire et administrer le vaccin, que vous fassiez partie des populations ciblées ou non. En revanche, pour les enfants de moins de 11 ans, la prescription doit impérativement être établie par un médecin ou une sage-femme.
Bon à savoir 💡 : Les pharmaciens doivent avoir suivi une formation spécifique pour la prescription de vaccins, tandis qu’aucune formation complémentaire n’est requise pour les infirmiers concernant ce vaccin.
Le bon de prise en charge : votre sésame simplifié
Malgré cette obligation de prescription, l’Assurance Maladie a tout prévu pour les populations prioritaires. Si vous faites partie des personnes ciblées par la vaccination, vous recevrez un bon de prise en charge qui fait office de prescription médicale. Aucune ordonnance supplémentaire n’est donc nécessaire pour retirer le vaccin en pharmacie : il vous suffit de présenter ce bon accompagné de votre carte Vitale pour obtenir gratuitement votre vaccin.
Pour les autres personnes ne recevant pas ce bon, une ordonnance sera nécessaire, mais elle peut être obtenue directement auprès d’un pharmacien ou d’un infirmier au moment de la délivrance du vaccin.
Vaccination en cabinet : la révolution de proximité 🏥
L’une des grandes nouveautés de cette campagne 2026-2027 concerne la possibilité pour les professionnels de santé de stocker et administrer les vaccins directement dans leurs cabinets. Cette mesure, prévue par la Loi de Financement de la Sécurité Sociale pour 2026 et entrée en vigueur le 11 octobre 2026, vise à simplifier le parcours vaccinal.
Fini le double trajet pharmacie-cabinet
Comme l’explique le Conseil national de l’Ordre des médecins, « les médecins peuvent désormais s’approvisionner et détenir dans leur cabinet des vaccins contre la grippe saisonnière et la Covid-19 pour les administrer à leurs patients ». Cette évolution concerne également les infirmiers, sages-femmes libéraux et les centres de santé.
L’avantage principal ? Éviter le « double trajet » pour les patients, qui n’auront plus à se rendre en pharmacie pour récupérer leur vaccin avant de se présenter au cabinet pour l’administration. Cette simplification devrait encourager davantage de personnes à se faire vacciner.
Les professionnels de santé s’organisent
L’Ordre national des infirmiers estime que cette évolution facilitera l’organisation de la vaccination au plus près des patients et renforcera l’accès à la prévention sur l’ensemble du territoire, notamment grâce au maillage des infirmiers libéraux.
Le Dr Luc Duquesnel, président des Généralistes-CSMF, souligne toutefois que la simplification du circuit d’achat, de remboursement et de facturation est déterminante. Des démarches trop complexes pourraient limiter l’intérêt pratique de cette mesure.
Les défis du stockage et de la traçabilité
Cette nouvelle organisation impose des conditions de conservation rigoureuses, similaires à celles des pharmacies. Les professionnels doivent utiliser une « enceinte réfrigérée et qualifiée avec enregistrement et monitorage de la température » – un simple réfrigérateur de cabinet ne suffit pas. Le respect de la chaîne du froid pendant le transport entre l’officine et le cabinet est également requis.
La traçabilité de chaque injection est obligatoire : identité du professionnel, dénomination et numéro de lot du vaccin, date d’administration doivent être inscrits dans le carnet de santé, le carnet de vaccination et le dossier médical partagé (DMP). Le médecin traitant doit également être informé.
Deux nouveaux vaccins renforcés pour les seniors 👴👵
La campagne 2025-2026 a marqué un tournant avec l’introduction de deux vaccins « renforcés » spécifiquement destinés aux personnes âgées de 65 ans et plus : Efluelda et Fluad.
Efluelda et Fluad : 15 à 25% d’efficacité en plus
Selon l’association Santé respiratoire France, ces deux vaccins apportent « un gain d’efficacité en faveur des vaccins haute dose et adjuvanté par rapport aux vaccins standards de 15 à 25%« . Une amélioration significative qui peut faire la différence pour les personnes les plus vulnérables.
Comment fonctionnent ces vaccins haute dose ?
Le principe de ces vaccins reste le même que celui des vaccins classiques, mais avec deux approches différentes :
- Efluelda contient une dose d’antigène quatre fois plus élevée que les vaccins standards
- Fluad associe un composé (adjuvant) destiné à stimuler la réponse immunitaire
Ces vaccins sont « recommandés préférentiellement » par le ministère de la Santé pour les seniors, une population particulièrement à risque de complications graves.
Qui peut en bénéficier ?
Ces vaccins renforcés sont destinés aux personnes de 65 ans et plus. Pour cette campagne 2026-2027, cinq vaccins sont disponibles au total :
| Type de vaccin | Nom commercial | Public cible |
|---|---|---|
| Haute dose | Efluelda | 65 ans et plus |
| Adjuvanté | Fluad | 65 ans et plus |
| Standard | Flucelvax | Tous publics |
| Standard | Influvac | Tous publics |
| Standard | Vaxigrip | Tous publics |

Le bilan de l’épidémie 2025-2026 : des chiffres à retenir 📊
L’hiver dernier a été marqué par une épidémie de grippe dont le bilan, publié par Santé publique France, permet de tirer plusieurs enseignements importants.
Une saison moins intense que la précédente
Au total, 12 000 décès ont été recensés, contre 17 000 l’année précédente. L’épidémie a duré 10 semaines, de début décembre à mi-février, une durée conforme à la moyenne. À l’hôpital, on a enregistré :
- 115 000 passages aux urgences (contre 156 000 l’année précédente)
- 24 000 hospitalisations (contre 30 000)
Ces chiffres encourageants ne doivent pas faire oublier la gravité de la maladie : près de 1 400 cas graves ont été signalés, avec un pic pendant les vacances de Noël.
Le variant K : beaucoup de bruit pour rien ?
L’épidémie s’est différenciée par la dominance des virus de type A, et notamment le fameux variant K qui avait provoqué de vives inquiétudes au début de l’épidémie. Finalement, ce variant ne s’est pas révélé plus dangereux que les autres souches circulantes.
Citation d’expert 🔬 : « Le variant K, malgré les craintes initiales, n’a pas montré de virulence accrue par rapport aux autres souches de grippe A circulant cette saison. »
La vaccination sauve des vies : les preuves
Un chiffre particulièrement parlant : parmi les personnes admises en réanimation dont le statut vaccinal était renseigné, 71% n’étaient pas vaccinées contre la grippe. Parmi les cas graves, 56% avaient plus de 65 ans, et près de 9 sur 10 présentaient une comorbidité.
Côté vaccination, la couverture vaccinale était supérieure à l’année précédente – une première depuis le début de l’épidémie de Covid-19 ! Elle a été estimée à :
- Presque 50% chez les personnes ciblées par la vaccination
- 56,7% chez les seniors
- Seulement 28,9% chez les moins de 65 ans à risque
Ces chiffres montrent qu’il reste encore beaucoup de progrès à faire, particulièrement chez les personnes jeunes à risque.
Qui doit se faire vacciner et où ? 🎯
Les populations prioritaires
La vaccination contre la grippe est recommandée et prise en charge gratuitement pour :
- Les femmes enceintes
- Les personnes de moins de 65 ans souffrant de maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, bronchopneumopathie chronique obstructive, etc.)
- Les personnes obèses avec un IMC d’au moins 40 kg/m²
- Les résidents d’établissements de soins de longue durée
- L’entourage des nourrissons à risque de grippe grave (moins de 6 mois)
- Les personnes immunodéprimées
- Les personnes de 65 ans et plus
Gratuité et remboursement : mode d’emploi
Si vous faites partie des populations prioritaires, vous recevrez automatiquement un bon de prise en charge de l’Assurance Maladie. Ce document vous permet de retirer gratuitement votre vaccin en pharmacie et de vous faire vacciner sans avancer de frais.
Pour les autres personnes souhaitant se faire vacciner, le vaccin sera à votre charge (environ 6 à 10 euros selon les vaccins), mais l’acte de vaccination peut être pris en charge par l’Assurance Maladie si réalisé par un professionnel de santé.
Tous les lieux où vous faire vacciner
Vous avez désormais plusieurs options pour vous faire vacciner :
- Chez votre médecin traitant qui peut désormais stocker et administrer le vaccin directement dans son cabinet
- En pharmacie où les pharmaciens peuvent prescrire et vacciner les personnes de 11 ans et plus
- Chez un infirmier libéral qui peut également prescrire et administrer le vaccin
- Dans un centre de vaccination public
- Chez une sage-femme pour les femmes enceintes et leur entourage
La grippe : reconnaître et traiter les symptômes 🤒
Les signes qui ne trompent pas
La grippe se manifeste de façon brutale, environ 48 heures après la contamination. Les symptômes caractéristiques sont :
- Une forte fièvre (environ 39°C)
- Une fatigue intense
- Des courbatures
- Des maux de tête
- Des maux de gorge
- Une toux
La plupart de ces symptômes durent environ une semaine, mais la fatigue et la toux peuvent persister au-delà. Les personnes infectées sont contagieuses à partir de la veille de l’apparition des symptômes pendant une semaine.
Attention ⚠️ : Chez les personnes fragiles, la grippe peut provoquer des complications graves comme une pneumonie. Chaque année, environ 10 000 personnes décèdent de la grippe en France.
Grippe ou Covid ? Le test qui lève le doute
Les symptômes de la grippe étant très similaires à ceux du Covid-19, il est possible de faire en pharmacie un test PCR combiné qui peut détecter les deux virus simultanément. Ce test permet d’adapter la prise en charge et les mesures d’isolement en conséquence.
Les bons réflexes pour guérir
Le traitement de la grippe repose principalement sur le soulagement des symptômes :
- Prendre du paracétamol pour lutter contre la fièvre et les douleurs (éviter l’ibuprofène en première intention)
- Se reposer suffisamment
- Bien s’hydrater (eau, tisanes, bouillons)
- Éviter les antibiotiques qui sont inefficaces contre les virus
Il existe des médicaments antiviraux, mais ils sont uniquement prescrits aux personnes fragiles à risque de complications.
Les gestes barrières : votre première ligne de défense 🛡️
Comment éviter la transmission
Le virus de la grippe se transmet principalement par gouttelettes de salive, qui se propagent en parlant, en toussant ou en éternuant. Il peut également se transmettre via des objets infectés comme les barres de métro ou les poignées de porte.
Pour limiter la transmission, adoptez ces gestes simples :
- Toussez dans votre coude et non dans votre main
- Utilisez des mouchoirs à usage unique et jetez-les immédiatement après utilisation
- Lavez-vous régulièrement les mains avec du savon ou du gel hydroalcoolique
- Évitez de serrer des mains ou de faire la bise pour dire bonjour quand vous êtes malade
L’importance de l’aération
Aérez régulièrement les pièces, surtout lorsqu’il y a beaucoup de monde, comme dans les salles de classe ou les bureaux. Même en hiver, ouvrir les fenêtres 10 minutes plusieurs fois par jour permet de renouveler l’air et de diminuer la concentration de virus dans l’atmosphère.
Le masque, toujours d’actualité
Porter un masque dans les espaces publics lorsqu’on est malade reste une mesure efficace pour protéger les autres. Cette pratique, démocratisée pendant la pandémie de Covid-19, devrait devenir un réflexe pendant la saison grippale, particulièrement dans les transports en commun et les lieux clos.
La France face à l’Europe : où en sommes-nous ? 🇪🇺
Des stratégies variées selon les pays
La comparaison avec nos voisins européens révèle des approches différentes de la vaccination antigrippale. Certains pays ont mis en place des dispositifs innovants pour faciliter l’accès à la vaccination.
En Italie, par exemple, il est possible de se faire vacciner à domicile dans certaines villes comme Rome et Florence, ou directement en pharmacie. Le pays recommande la vaccination pour toute personne de 6 mois et plus, avec une insistance particulière sur les enfants de 6 mois à 6 ans – y compris les enfants en bonne santé.
L’Espagne a étendu la vaccination aux enfants de 5 à 9 ans dans certaines régions comme Murcie, avec l’utilisation d’un vaccin intranasal administré directement dans les écoles pour les enfants d’âge préscolaire.
Le Royaume-Uni et sa vaccination universelle des enfants
Le Royaume-Uni se distingue par une pratique innovante : la vaccination universelle des enfants en bonne santé âgés de 2 à 16 ans avec un vaccin vivant atténué, déployée progressivement depuis 2013-2014. Cette stratégie vise à réduire la transmission du virus dans la population générale.
Le pays a également développé un réseau de 5 000 sites de vaccination, incluant même des supermarchés, ce qui a contribué à des taux de vaccination élevés. La vaccination est largement accessible via les cabinets de médecine générale, les écoles, les pharmacies et les lieux de travail pour les professionnels de la santé.
Objectif 75% : encore loin du compte
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé en 2003 un objectif de 75% de couverture vaccinale chez les personnes âgées. En 2022-2023, seulement 4 pays sur 54 de la Région européenne ont atteint cet objectif : le Belarus, le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni.
En France, avec des taux de 54% chez les plus de 65 ans et seulement 25,4% chez les moins de 65 ans à risque pour la saison 2023-2024, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir. L’introduction des vaccins renforcés pour les seniors et la simplification de l’accès à la vaccination constituent des avancées encourageantes, mais l’effort doit se poursuivre pour atteindre les objectifs de santé publique.
La campagne 2026-2027 représente donc une étape importante dans l’évolution de la stratégie vaccinale française. Entre prescription obligatoire, vaccination en cabinet et vaccins renforcés, ces nouveautés visent toutes le même objectif : mieux protéger la population contre une maladie qui tue encore chaque année des milliers de personnes. N’attendez pas pour prendre rendez-vous : la vaccination reste le moyen le plus efficace de vous protéger et de protéger vos proches, particulièrement si vous faites partie des populations à risque. 💪













