Un quart des jeunes adultes confrontés à l’insécurité alimentaire
Les chiffres qui font froid dans le dos 🥶
La précarité alimentaire n’est plus un phénomène marginal chez les jeunes français. Selon une étude menée avec Toluna Harris Interactive pour la Fondation Nestlé France en 2025, 62% des 18-24 ans sont en situation de précarité alimentaire, un chiffre en hausse par rapport à 2024 où il s’établissait à 58%. Cette progression inquiétante montre que la situation ne s’améliore pas, bien au contraire.
En 2021 déjà, 20% des 18-24 ans avaient eu recours à l’aide alimentaire, dont trois quarts pour la première fois. Cette donnée souligne l’ampleur du besoin et la nouveauté du phénomène pour une génération qui n’avait jamais connu une telle précarité.
Renoncer à certains aliments : une réalité pour près de la moitié des 18-24 ans
Le chiffre de 47% de jeunes qui renoncent à certains aliments mérite qu’on s’y attarde. Il ne s’agit pas simplement de choisir entre une marque et une autre, mais bien de faire l’impasse sur des catégories entières d’aliments : fruits frais, légumes, viande, poisson… Ces produits, pourtant essentiels à une alimentation équilibrée, deviennent des luxes inaccessibles.
Bon à savoir 💡 : Renoncer à des aliments ne signifie pas forcément avoir faim au sens strict, mais plutôt adopter une alimentation déséquilibrée, monotone et carencée, avec des conséquences importantes sur la santé à moyen et long terme.
Cette situation pousse les jeunes à se rabattre sur des produits bon marché comme les pâtes, le riz et le pain, créant une alimentation pauvre en nutriments essentiels. La consommation de ces féculents devient la norme, au détriment d’une alimentation variée et équilibrée.
Les racines économiques d’une crise sociale
Le coût de la vie : un fardeau insoutenable pour les jeunes
Pour comprendre cette précarité alimentaire, il faut d’abord examiner le coût de la vie auquel sont confrontés les jeunes adultes. Pour un étudiant en France, le budget mensuel total peut varier de 600 à 1 400 euros, selon la ville et le mode de vie. Paris reste la ville la plus chère, avec un coût de la vie estimé entre 1 200 et 1 800 €/mois, tandis que d’autres grandes villes comme Nice ou Lyon se situent entre 900 et 1 200 €/mois.
Le logement constitue la part la plus importante des dépenses, avec une moyenne de 858 €/mois pour les étudiants. Cette charge écrasante laisse peu de marge pour les autres postes de dépenses. Les courses alimentaires représentent en moyenne 203 €/mois pour les étudiants et 250 €/mois pour les jeunes actifs. À cela s’ajoutent les transports (52 à 60 €/mois), même avec des tarifs réduits.
Pour un jeune actif avec un revenu typique de 1 900 €/mois, les charges fixes mensuelles peuvent atteindre 1 470 €, ne laissant que 430 € pour les dépenses restantes, y compris les loisirs et l’épargne. Cette répartition montre à quel point les besoins essentiels absorbent une large part du budget, rendant toute dépense imprévue problématique.
Des revenus qui ne suivent pas l’inflation
Face à ce coût de la vie élevé, les revenus des jeunes de 18 à 24 ans sont souvent largement insuffisants. En 2014, le revenu moyen mensuel (incluant travail, aides familiales et sociales) était de 770 euros, augmentant progressivement de 430 euros à 18 ans à 1 120 euros à 24 ans.
Pour les jeunes salariés récemment diplômés (sortis de formation initiale depuis un à quatre ans), le salaire net médian mensuel s’établit à 1 600 euros toutes durées de travail confondues. Les diplômés d’un Master ou plus perçoivent un salaire médian de 2 000 euros net par mois, tandis que pour un Bac+2 ou Bac+3, il est d’environ 1 550 euros net mensuels. En général, les jeunes salariés de 18-24 ans se trouvent souvent proches du SMIC, avec un salaire net moyen mensuel de 1 520 euros.
Ces revenus, même pour les jeunes actifs, laissent peu de marge une fois les charges fixes payées. Pour les étudiants qui ne peuvent travailler qu’à temps partiel, la situation est encore plus critique.
La dépendance parentale : un filet de sécurité fragile
Face à ces faibles revenus et au coût de la vie, la dépendance financière envers les parents est devenue courante : sept jeunes sur dix de 18 à 24 ans reçoivent une aide financière de leurs parents, aide qui peut s’élever en moyenne à 3 670 euros par an. Cette aide est particulièrement cruciale pour les étudiants, notamment ceux qui vivent en logement autonome.
Mais cette solidarité familiale n’est pas accessible à tous. Les jeunes issus de familles modestes ou ceux qui ont rompu les liens avec leurs parents se retrouvent sans ce filet de sécurité, aggravant encore leur précarité. De plus, avec l’inflation et la crise économique, de nombreuses familles peinent elles-mêmes à joindre les deux bouts et ne peuvent plus soutenir leurs enfants comme auparavant.
Quand le budget alimentation devient une variable d’ajustement
Paris et les grandes villes : des déserts alimentaires pour les petits budgets
Dans les grandes métropoles, et particulièrement à Paris, le coût de l’alimentation pèse lourdement sur le budget des jeunes. Entre les supermarchés chers des centres-villes et l’absence de marchés accessibles dans certains quartiers, trouver des produits frais à prix abordables relève du parcours du combattant.
Les jeunes doivent souvent choisir entre acheter des produits de qualité en petite quantité ou privilégier la quantité au détriment de la qualité nutritionnelle. Les promotions deviennent des événements à ne pas manquer, et les applications anti-gaspi comme Too Good To Go sont devenues des alliées précieuses pour accéder à des produits à prix réduits.
Pâtes, riz et pain : l’alimentation par défaut des jeunes précaires
La consommation de produits bon marché comme les pâtes, le riz et le pain est devenue la norme pour de nombreux jeunes en situation de précarité. Ces aliments, riches en glucides mais pauvres en protéines, vitamines et minéraux, constituent la base d’une alimentation monotone et déséquilibrée.
Les fruits et légumes frais, la viande, le poisson et les produits laitiers de qualité sont les premiers à disparaître du caddie lorsque le budget se resserre. Cette alimentation carencée a des conséquences directes sur la santé, comme nous le verrons plus loin.
Citation d’un étudiant 📢 : « Certains jours, je mange des pâtes au beurre matin, midi et soir. Je sais que ce n’est pas bon pour ma santé, mais je n’ai pas le choix. Les légumes frais, c’est un luxe que je ne peux plus me permettre. »
Le surendettement : une spirale qui aggrave la situation
Un phénomène inquiétant vient aggraver la précarité alimentaire des jeunes : le surendettement progresse fortement chez cette population, avec une augmentation de 36% en un an des dossiers déposés par les moins de 30 ans en 2025. Ces crédits, souvent à la consommation, sont contractés pour couvrir des besoins essentiels comme le loyer, le transport ou… la nourriture.
Cette spirale de l’endettement crée un cercle vicieux : pour faire face aux dépenses courantes, les jeunes s’endettent, ce qui réduit encore leur capacité à se nourrir correctement les mois suivants. Le remboursement des crédits devient une charge fixe supplémentaire qui grignote encore le budget alimentation.

Les conséquences invisibles sur la santé 🏥
Carences alimentaires et système immunitaire affaibli
La précarité alimentaire ne se limite pas à avoir faim. Elle entraîne des carences en micronutriments essentiels (vitamines et minéraux) qui affaiblissent le système immunitaire et rendent plus vulnérable aux maladies. Les carences en fer, par exemple, peuvent entraîner une anémie, de la fatigue chronique et une faiblesse générale, perturbant la concentration et le bon déroulement des études ou du travail.
Le manque de fruits et légumes frais prive l’organisme de vitamines C, A, et de nombreux antioxydants essentiels au bon fonctionnement du corps. Les carences en calcium et en vitamine D, dues à une consommation insuffisante de produits laitiers, peuvent affecter la santé osseuse, particulièrement préoccupant à un âge où le corps achève sa croissance.
Sauter des repas ou manger des aliments de mauvaise qualité peut également provoquer des troubles digestifs tels que la constipation, des maux de ventre ou des ballonnements. À long terme, une alimentation inadéquate augmente le risque de développer des maladies chroniques comme le diabète de type 2, l’obésité (paradoxalement, car les aliments bon marché sont souvent très caloriques mais peu nutritifs) ou les maladies cardiovasculaires.
Plus de trois quarts des personnes recevant une aide alimentaire en France déclarent avoir au moins un problème de santé, avec des problèmes de vue (47%) et dentaires (34%) étant les plus récurrents et souvent non traités faute de moyens.
L’impact méconnu sur la santé mentale
Au-delà des conséquences physiques, la précarité alimentaire a un impact profond sur la santé mentale des jeunes adultes. La peur constante de manquer de nourriture et les difficultés financières engendrent une détresse psychologique importante, de l’anxiété et un risque accru de dépression.
Une étude menée par les Banques Alimentaires en 2024 a révélé que 28% des jeunes interrogés dans le cadre de leurs épiceries sociales déclaraient avoir des problèmes de santé mentale. Ce chiffre alarmant montre que la précarité alimentaire ne nourrit pas seulement le corps, mais aussi l’esprit.
La précarité force souvent les jeunes à se priver de sorties, de loisirs et d’activités sociales, entraînant un isolement social. L’incapacité à se nourrir correctement peut être source de honte et de crainte d’être jugé, ce qui conduit à un retrait social. Ne pas pouvoir inviter des amis à manger, refuser des sorties au restaurant, éviter les événements sociaux où la nourriture est présente… Toutes ces situations créent un sentiment d’exclusion et renforcent l’isolement.
Cette situation peut également amplifier une faible estime de soi. Se sentir incapable de subvenir à ses besoins les plus basiques peut être profondément dévalorisant, surtout à un âge où l’on cherche à construire son identité et son autonomie.
Études et concentration : quand la faim entrave la réussite
Pour les étudiants, la précarité alimentaire a un impact direct sur les performances académiques. La faim et les carences nutritionnelles affectent la concentration, la mémoire et l’énergie nécessaires pour suivre les cours, étudier et réussir les examens.
Les carences en micronutriments peuvent nuire au développement des facultés cognitives, affectant la capacité d’apprentissage et de mémorisation. Comment se concentrer sur un cours de trois heures quand on n’a pas mangé depuis la veille au soir ? Comment réviser efficacement quand on manque d’énergie ?
Cette situation crée un cercle vicieux : la précarité alimentaire affecte les études, ce qui peut conduire à l’échec académique, réduisant encore les perspectives d’emploi et de revenus futurs, perpétuant ainsi la précarité.
Les dispositifs d’aide existants : entre soutien et insuffisance
Les aides au logement et à l’emploi : un coup de pouce nécessaire mais limité
Face à cette situation, plusieurs dispositifs d’aide existent pour soutenir les jeunes, mais ils ne suffisent pas toujours à combler le manque de ressources.
L’Aide Personnalisée au Logement (APL) peut réduire le montant du loyer de 150 à 230 €/mois pour un étudiant, et est accessible aux étrangers en situation régulière. Cette aide est précieuse, mais avec des loyers qui atteignent 858 €/mois en moyenne, elle ne couvre qu’une partie de la charge.
La Prime d’activité peut compléter le salaire des jeunes actifs en fonction de leurs ressources. France Travail et les Missions Locales proposent également des rémunérations pour les stages de formation professionnelle (minimum 520 €/mois pour les 18-25 ans) et des allocations ponctuelles en cas de difficultés financières entravant la recherche d’emploi.
Cependant, ces aides restent conditionnées à des critères stricts et ne bénéficient pas à tous les jeunes en difficulté. De plus, des baisses de financement, comme celle de 13% prévue pour les Missions Locales en 2026, menacent d’aggraver la situation en réduisant l’accompagnement des jeunes.
L’aide alimentaire d’urgence : un recours en forte hausse
L’État soutient les actions de lutte contre la précarité alimentaire via des crédits et fonds européens comme le Fonds Social Européen + et le programme de Soutien européen à l’aide alimentaire (SEAA). Ce programme, cofinancé par l’Union européenne et l’État français, est un levier essentiel pour fournir des denrées et des biens de première nécessité aux populations vulnérables, dont les jeunes de moins de 25 ans qui représentent 9% des bénéficiaires.
Des associations comme la Croix-Rouge française, le Secours Populaire Français et les Banques Alimentaires distribuent des colis alimentaires et organisent des repas servis. En 2023, une enveloppe exceptionnelle de 10 millions d’euros a été débloquée par l’État pour apporter une réponse immédiate à la précarité alimentaire des étudiants via des associations.
Des associations plus récentes, spécifiquement dédiées aux jeunes, se sont également développées : StudHelp, La Conserve des Jeunes, Linkee et la Société de Saint-Vincent-de-Paul (SSVP) organisent régulièrement des distributions de denrées. La SSVP propose également des ateliers de cuisine et un accès à une aide alimentaire d’urgence.
Les épiceries solidaires et les repas à 1€ : des solutions concrètes
Les épiceries sociales et solidaires permettent aux jeunes d’acquérir des produits à des prix très réduits, souvent entre 10 et 30% du prix courant. Des villes comme Paris encouragent les étudiants aux revenus modestes à s’y rendre. L’épicerie solidaire Epi’sol du 5e arrondissement de Paris, par exemple, propose des produits à -80%.
La Fédération Française des Banques Alimentaires et l’ANDES soutiennent également ces épiceries, qui offrent non seulement des produits à prix réduits, mais aussi un accompagnement et des conseils nutritionnels.
Les Crous proposent des repas à 1 € pour les étudiants boursiers, constituant une première réponse concrète à la précarité alimentaire. Cette mesure, mise en place pendant la crise sanitaire, a été pérennisée face à l’ampleur du besoin. Des restaurants sociaux et des distributions de repas chauds sont aussi mis en place, souvent sans démarche préalable, permettant un accès immédiat à une alimentation chaude.
| Type d’aide | Exemples | Avantages | Limites |
|---|---|---|---|
| Épiceries solidaires | Epi’sol Paris, épiceries ANDES | Prix réduits de 70-90%, accompagnement | Nombre de places limité, critères d’accès |
| Repas à prix réduit | Repas Crous à 1€ | Accès facile, repas équilibré | Réservé aux boursiers, horaires limités |
| Distributions alimentaires | Banques Alimentaires, Secours Populaire | Gratuit, sans condition | Stigmatisation possible, produits variables |
| Aide financière | APL, Prime d’activité | Soutien régulier | Montants insuffisants, critères stricts |
Des initiatives qui font la différence 💪
Les associations en première ligne
Au-delà de la distribution de nourriture, de nombreuses associations développent des approches innovantes pour lutter contre la précarité alimentaire des jeunes.
Linkee, soutenue par les collectivités territoriales et la Fondation de France, permet la distribution de repas composés en partie d’aliments sauvés du gaspillage. L’association a lancé des campagnes sur les réseaux sociaux, comme « #JaiLaDalle », pour dénoncer la précarité étudiante et inciter les jeunes à partager des photos de leurs frigos vides, brisant ainsi le tabou et la honte associés à la faim.
L’Ordre de Malte France ne se contente pas de fournir de la nourriture, mais propose aussi un accompagnement humain, respectueux et des mesures d’inclusion sociale pour favoriser une sortie durable de la précarité. Cette approche globale reconnaît que la précarité alimentaire n’est qu’un symptôme d’une situation plus complexe.
Les Banques Alimentaires interviennent également dans les établissements scolaires et supérieurs pour sensibiliser les jeunes à la lutte contre la précarité et le gaspillage alimentaire, et les impliquent dans des actions solidaires (collectes de denrées, repas « antigaspi »). Cette démarche permet de créer une prise de conscience collective et de mobiliser les jeunes eux-mêmes dans la lutte contre la précarité.
Les appels à projets pour innover dans l’aide alimentaire
Plusieurs dispositifs de financement existent pour soutenir les initiatives de lutte contre la précarité alimentaire des jeunes et encourager l’innovation.
La Fondation Nestlé France, en partenariat avec Ulule, a lancé un appel à projets en 2026 pour soutenir les initiatives solidaires ciblant les jeunes de 16 à 25 ans. Les projets éligibles incluent la création d’épiceries solidaires, la distribution de paniers, des cantines participatives, des ateliers cuisine ou nutrition, et des actions de sensibilisation.
La Ville de Paris lance également un appel à projets annuel depuis 2023 pour soutenir les structures proposant des solutions d’aide alimentaire aux étudiants résidant ou étudiant à Paris, en privilégiant l’accès à une alimentation durable et de qualité et la lutte contre le gaspillage.
Ces appels à projets permettent de financer des initiatives innovantes et de tester de nouvelles approches pour répondre aux besoins spécifiques des jeunes en situation de précarité alimentaire.
Sensibilisation et accompagnement : aller au-delà du colis alimentaire
La lutte contre la précarité alimentaire ne se limite pas à fournir de la nourriture. Elle nécessite également un accompagnement global et des actions de sensibilisation.
Santé publique France a lancé en 2020 une campagne digitale intitulée « En 2-2 » pour encourager les 18-25 ans à préparer des repas sains, rapides et à moindre coût, en revalorisant l’image du « mieux manger ». Cette campagne vise à donner aux jeunes les outils et les connaissances pour bien se nourrir malgré un budget limité.
Des associations comme la SSVP proposent des ateliers de cuisine qui permettent aux jeunes d’apprendre à cuisiner des repas équilibrés avec des produits simples et peu coûteux. Ces ateliers sont aussi des moments de convivialité et d’échange, luttant contre l’isolement social.
Le Comité national de coordination de la lutte contre la précarité alimentaire (Cocolupa), créé par l’État en 2020, coordonne les actions des divers acteurs et travaille collectivement sur ces problématiques. Cette coordination est essentielle pour éviter les doublons et maximiser l’efficacité des actions menées.
Ce que demandent les acteurs de terrain
L’appel d’Action contre la Faim aux pouvoirs publics
Face à ces chiffres alarmants, l’ONG Action contre la Faim demande aux pouvoirs publics de se mobiliser. Cette mobilisation doit se traduire par des mesures concrètes et ambitieuses pour lutter contre la précarité alimentaire des jeunes.
Les associations de terrain réclament notamment :
– Une augmentation des budgets alloués à l’aide alimentaire et à l’accompagnement des jeunes en difficulté
– Le maintien et le renforcement des dispositifs existants, comme les Missions Locales, plutôt que des baisses de financement
– Une meilleure coordination entre les différents acteurs (État, collectivités, associations) pour une action plus efficace
– Des mesures structurelles pour augmenter les revenus des jeunes (revalorisation des bourses, accès facilité aux aides sociales, création d’emplois décents)
– Un soutien accru aux initiatives innovantes qui combinent aide alimentaire, sensibilisation et accompagnement global
Vers une politique publique plus ambitieuse ?
Le Conseil d’orientation des politiques de jeunesse (COPJ) vise à la cohérence et à la transversalité des politiques publiques concernant les jeunes, incluant la lutte contre les inégalités et l’amélioration de leurs conditions de vie. Cette approche globale est essentielle car la précarité alimentaire n’est qu’un symptôme d’une précarité plus large.
Les pouvoirs publics doivent reconnaître que la précarité alimentaire des jeunes n’est pas une fatalité, mais le résultat de choix politiques et économiques. Lutter efficacement contre ce fléau nécessite une volonté politique forte et des investissements conséquents dans :
– Le logement étudiant et social pour réduire la part écrasante du loyer dans le budget des jeunes
– L’emploi des jeunes, avec des salaires décents et des contrats stables
– L’éducation et la formation pour favoriser l’insertion professionnelle
– La santé, y compris la santé mentale, souvent négligée chez les jeunes précaires
– L’alimentation durable et accessible, en soutenant les circuits courts et les initiatives anti-gaspi
Bon à savoir 💡 : Les dons des entreprises et des particuliers aux associations d’aide alimentaire bénéficient d’avantages fiscaux, ce qui constitue un soutien public important, estimé à 360 M€ par an. Vous pouvez donc contribuer à la lutte contre la précarité alimentaire en faisant un don à une association, tout en bénéficiant d’une réduction d’impôt.
La précarité alimentaire chez les jeunes adultes est un révélateur des inégalités croissantes dans notre société. Derrière le chiffre de 25% de jeunes qui manquent de nourriture se cachent des milliers de parcours individuels, des rêves mis entre parenthèses, des études compromises, des santés fragilisées. Cette situation n’est pas acceptable dans un pays développé comme la France.
Les solutions existent : aides financières renforcées, développement des épiceries solidaires, repas à prix réduits, accompagnement global… Mais elles nécessitent une volonté politique forte et des moyens à la hauteur de l’enjeu. Car investir dans la jeunesse, c’est investir dans l’avenir de notre société tout entière. 🌟
Si vous êtes étudiant ou jeune actif en difficulté, n’hésitez pas à vous rapprocher des associations d’aide alimentaire, des épiceries solidaires ou de votre Crous. Demander de l’aide n’est pas une honte, c’est un acte de courage et de lucidité. Et si vous en avez les moyens, soutenez les associations qui luttent contre la précarité alimentaire : chaque don, chaque bénévolat, chaque partage d’information compte dans ce combat collectif pour que plus aucun jeune ne souffre de la faim en France.













