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Accueil Bien-Être

PFAS dans le sang : des taux record mesurés chez des volontaires européens

Camille par Camille
01/10/2026
dans Bien-Être, Santé
Temps de lecture : 10 minutes de lecture

Les « polluants éternels » : une contamination généralisée en Europe

Une étude révèle des niveaux préoccupants de TFA

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) représentent une famille de plus de 4 700 composés chimiques synthétiques. Leur structure moléculaire particulière, caractérisée par des liaisons carbone-fluor extrêmement stables, leur confère des propriétés remarquables : résistance à l’eau, aux graisses et aux températures élevées. C’est précisément cette stabilité qui pose problème, car ces substances ne se dégradent pratiquement jamais dans l’environnement.

L’étude européenne récente a mis en évidence des concentrations particulièrement élevées de TFA dans le sang des volontaires. Cette molécule, utilisée notamment comme réfrigérant et dans diverses applications industrielles, s’accumule progressivement dans notre organisme au fil des expositions quotidiennes.

Qu’est-ce que les PFAS et pourquoi sont-ils si dangereux ?

Pierre Labadie, chercheur CNRS en chimie de l’environnement à l’Université de Bordeaux, qualifie ces substances d' »indestructibles » dans l’environnement, sauf en cas d’incinération à très haute température. Cette persistance entraîne une « pollution massive, énorme, généralisée » que les scientifiques considèrent comme la « crise de contamination la plus grave au monde ».

Les PFAS ont été largement utilisés depuis les années 1950 dans l’industrie et les produits de consommation courante : revêtements antiadhésifs des ustensiles de cuisine, emballages alimentaires résistants à la graisse, textiles imperméables, mousses anti-incendie, cosmétiques, et bien d’autres applications. Cette omniprésence explique pourquoi nous sommes tous exposés, sans même le savoir.

Les effets alarmants des PFAS sur notre santé 🔬

Même à faibles doses et sur le long terme, les PFAS sont associés à divers effets néfastes sur la santé humaine. Bien que des incertitudes subsistent quant à la probabilité et la gravité de ces effets selon le niveau d’exposition et le type spécifique de PFAS, la recherche scientifique continue de progresser pour mieux caractériser ces associations.

Un système immunitaire affaibli

L’un des effets les plus documentés concerne l’affaiblissement du système immunitaire. L’exposition aux PFAS peut notamment réduire la réponse immunitaire à la vaccination, avec une diminution de la production d’anticorps. Cela a été observé avec plusieurs types de PFAS : le PFOA, le PFOS, le PFHxS et le PFDA.

Des études animales et humaines ont fourni des preuves solides que les PFAS altèrent le système immunitaire, diminuant la capacité à combattre les maladies ou à répondre efficacement à un vaccin. Une exposition précoce, dès la grossesse, peut accentuer ces effets, augmentant le risque d’infections respiratoires et digestives, ainsi que de maladies inflammatoires comme la dermatite atopique.

Des risques cancérogènes avérés

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS a classé le PFOA comme « cancérogène pour l’humain » (Groupe 1) et le PFOS comme « peut-être cancérogène pour les humains » (Groupe 2B). Un risque accru de cancer du rein et des testicules a été mis en évidence en lien avec l’exposition aux PFAS, en particulier le PFOA.

Cette classification repose sur des décennies d’études épidémiologiques et toxicologiques qui ont établi des liens statistiquement significatifs entre l’exposition professionnelle ou environnementale aux PFAS et l’incidence de certains cancers.

Perturbations hormonales et métaboliques

Les PFAS sont des perturbateurs endocriniens qui interfèrent avec notre système hormonal de multiples façons :

Impact sur la thyroïde et le cholestérol

L’exposition aux PFAS est associée à une augmentation du taux de cholestérol dans le sang (dyslipidémie), tant chez les adultes que chez les enfants. Ces substances peuvent également interférer avec la fonction thyroïdienne, essentielle au métabolisme et au développement, entraînant des troubles thyroïdiens et une dysthyroïdie.

Bon à savoir 💡 : La thyroïde régule de nombreuses fonctions vitales de l’organisme, notamment le métabolisme, la température corporelle et le rythme cardiaque. Toute perturbation de son fonctionnement peut avoir des répercussions importantes sur la santé globale.

Conséquences sur la reproduction et la fertilité

Les PFAS peuvent affecter les hormones féminines (œstrogènes et progestérone) et sont associés à une ménarche plus tardive, des cycles menstruels irréguliers et plus longs, ainsi qu’une ménopause plus précoce. Chez les hommes, des études animales montrent des liens avec des changements dans les niveaux d’enzymes impliquées dans la production de stéroïdes, y compris la testostérone, et une qualité de sperme réduite.

Une exposition aux PFAS pendant la grossesse est également associée à une baisse du poids de naissance des bébés, à l’hypertension gravidique et à la prééclampsie. Ces effets soulignent la vulnérabilité particulière des femmes enceintes et des enfants à naître.

Atteintes hépatiques et cardiovasculaires

Les PFAS sont toxiques pour le foie, favorisant le stockage des graisses et pouvant entraîner un « foie gras » (stéatose hépatique), voire des maladies hépatiques graves comme la cirrhose ou le cancer du foie. Des études récentes confirment également un impact néfaste sur la santé cardiovasculaire, avec un risque accru de maladies cardiovasculaires, d’infarctus du myocarde, d’AVC (ischémique et hémorragique) et de mortalité par maladie cardiovasculaire.

Certaines études exploratoires suggèrent également un lien potentiel entre l’exposition aux PFAS et un risque accru de diabète, de syndrome métabolique et d’obésité, bien que ces associations nécessitent encore des recherches complémentaires.

« L’effet d’un diagnostic de cancer » : témoignages de personnes contaminées 💬

La découverte traumatisante de la contamination

Les témoignages de personnes ayant découvert leur contamination aux PFAS révèlent l’impact psychologique profond de cette prise de conscience. Pour une femme ayant appris sa contamination en 2022, ce fut « l’effet d’un diagnostic de cancer ». Elle s’est sentie coupable d’avoir potentiellement transmis ces substances à son enfant via l’allaitement, un sentiment partagé par de nombreuses mères confrontées à cette réalité.

Hugo Clément, journaliste, a également partagé les résultats de son propre test sanguin révélant la présence de PFOA, PFHxS et PFOS, bien qu’en faibles quantités. Il souligne que même à faible dose, un large consensus scientifique indique des effets nocifs en cas d’exposition à long terme.

Vivre près d’un site industriel : l’inquiétude des riverains

Des résidents vivant à proximité de sites industriels fortement émetteurs de PFAS, comme l’usine Arkema-Daikin à Oullins-Pierre-Bénite (Rhône), ont découvert des « polluants éternels » dans leur lait maternel. Stéphanie Escoffier, chimiste, a pris conscience du problème à ce moment-là et a rejoint un collectif d’habitants inquiets pour leur santé et celle de leurs enfants.

D’autres témoignages rapportent des problèmes de fertilité, des cancers (comme un cancer para ganglion ou un glioblastome), et des anomalies hépatiques, avec la question persistante de leur lien avec l’exposition aux PFAS.

Le sentiment d’absence de consentement

Le sentiment d’une « absence de consentement » est fortement exprimé par ces personnes, qui se sont retrouvées exposées sans avoir eu conscience des risques inhérents à leur lieu de vie. Cette dimension éthique de la contamination aux PFAS soulève des questions fondamentales sur le droit à un environnement sain et sur la responsabilité des industriels.

Illustration

L’expertise scientifique tire la sonnette d’alarme ⚠️

Les initiatives européennes de biosurveillance

L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) mène de nombreuses actions pour caractériser ces substances, évaluer les niveaux de contamination des populations et identifier les PFAS les plus toxiques. Elle coordonne également un partenariat européen (PARC) visant à évaluer les risques des substances chimiques de nouvelle génération.

L’Initiative européenne de biosurveillance humaine (HBM4EU), cofinancée par le programme Horizon 2020, a révélé que 14,26 % des adolescents européens testés présentaient des concentrations sériques en PFAS supérieures aux valeurs indicatives de l’EFSA pour une dose hebdomadaire tolérable. Cette initiative a permis d’établir une multitude de données probantes sur l’exposition des citoyens aux substances chimiques.

Le European Environmental Bureau (EEB), en collaboration avec le ministère danois de l’Environnement et ChemSec, a mené une initiative qui a révélé la contamination par les PFAS dans le sang de 24 dirigeants européens de 19 pays, soulignant que « personne n’est à l’abri de l’exposition » à ces substances persistantes.

« La crise de contamination la plus grave au monde »

Selon l’Anses, la préoccupation concernant les PFAS n’est pas propre à la France et s’inscrit dans un effort européen pour mieux protéger la santé et l’environnement. Patrick ten Brink, secrétaire général de l’EEB, a déclaré que « le coût humain et économique de l’inaction autour de la pollution par les PFAS est déjà stupéfiant, et il augmente de jour en jour ».

Cette déclaration souligne l’urgence d’agir, non seulement en termes de réglementation, mais aussi de soutien aux populations affectées et de recherche de solutions pour limiter l’exposition quotidienne.

Comment limiter son exposition aux PFAS au quotidien ? 🛡️

Bien qu’il soit impossible d’éviter complètement les PFAS dans notre environnement actuel, il existe de nombreux gestes simples pour réduire significativement son exposition quotidienne.

Dans la cuisine : repenser ses ustensiles et ses habitudes

Adieu les poêles antiadhésives

Les poêles et casseroles avec des revêtements antiadhésifs (comme le Téflon) sont une source connue de PFAS. Préférez les ustensiles de cuisine en inox, en fonte ou en céramique. Si vous possédez des poêles antiadhésives non abîmées, évitez de les surchauffer au-delà de 260°C et de les rayer, ce qui pourrait libérer des substances toxiques. Dès qu’elles montrent des signes d’usure, remplacez-les par des alternatives plus sûres.

Attention aux emballages alimentaires

Réduisez votre consommation d’aliments emballés dans des papiers résistants à la graisse, comme les emballages de fast-food, de pizzas ou de plats préparés. Apportez vos propres contenants réutilisables en verre ou en métal pour les plats à emporter afin d’éviter les emballages en carton ou la vaisselle en papier traités aux PFAS.

Des alternatives aux emballages alimentaires sans PFAS incluent le papier enduit d’argile, de pétrole ou de bioplastiques, ainsi que les fibres moulées avec une doublure bioplastique. De plus en plus de restaurants et de commerces proposent ces alternatives, n’hésitez pas à les encourager !

Privilégier le fait-maison et les produits frais

L’alimentation est la première source d’exposition aux PFAS. Équilibrez votre alimentation et privilégiez les fruits et légumes bio, car certains pesticides peuvent contenir des PFAS. Les poissons et crustacés, ainsi que les abats et certaines viandes, peuvent également contenir des PFAS. Réduire leur consommation peut aider.

Astuce cuisine 🍳 : La cuisson à l’eau ou à l’huile peut réduire les concentrations de PFAS dans les fruits de mer et le poisson, à condition de jeter le liquide de cuisson par la suite.

L’eau du robinet : faut-il s’inquiéter ?

Si vous êtes préoccupé par la présence de PFAS dans l’eau du robinet, l’installation de filtres à charbon actif certifiés peut aider à réduire les niveaux de PFAS. Renseignez-vous auprès des autorités locales sur la qualité de l’eau de votre région. L’exposition aux PFAS par contact cutané (douche, vaisselle) est considérée comme minime, donc pas besoin de paniquer pour ces usages !

Textiles et produits ménagers : faire les bons choix

Éviter les traitements anti-taches et imperméables

Moquettes, nappes, vêtements ou autres textiles étiquetés « anti-taches » ou « imperméables » peuvent contenir des PFAS. Recherchez des produits portant les mentions « sans PFAS » ou « sans PFC ». Pour les vêtements techniques ou d’extérieur, des alternatives sans PFAS émergent, utilisant des revêtements en silicone, des dendrimères ou des polyesters hydrophobes modifiés.

Les fibres naturelles, vos meilleures alliées

Choisissez des vêtements et des tapis en fibres naturelles comme le coton, la laine ou le lin. Lavez les vêtements techniques avant de les porter pour éliminer une partie des résidus chimiques. Utilisez des produits de nettoyage écologiques ou fabriquez-les vous-même avec des ingrédients simples comme le vinaigre blanc, le bicarbonate de soude et le citron. Aérez quotidiennement votre intérieur pour diluer les polluants présents dans l’air ambiant.

Cosmétiques et hygiène : décrypter les étiquettes 💄

Les produits waterproof dans le viseur

Évitez les cosmétiques « waterproof » qui sont souvent formulés avec des PFAS. Privilégiez les cosmétiques bio ou ceux qui ne contiennent pas intentionnellement de PFAS. Des alternatives aux PFAS dans les cosmétiques incluent les dérivés d’acides gras, les cires synthétiques biodégradables, les solutions à base de bio-alcanes, les poudres de polyamide et les cires à base de polyéthylène.

Certains fils dentaires peuvent contenir des PFAS. Optez pour du fil dentaire en soie ou en coton. Choisissez également des dentifrices sans fluorure et des bains de bouche naturels si vous souhaitez minimiser votre exposition globale aux substances chimiques.

Autres sources d’exposition à surveiller

Privilégiez les meubles en bois massif ou en matériaux naturels et vérifiez si les appareils électroniques contiennent des PFAS avant l’achat. Acheter des vêtements ou articles de seconde main peut également être une façon d’éviter les produits traités chimiquement récemment, car les PFAS ont tendance à se volatiliser partiellement avec le temps et les lavages.

Catégorie À éviter Alternatives recommandées
Cuisine Poêles antiadhésives, emballages fast-food Inox, fonte, céramique, contenants en verre
Textiles Traitements anti-taches, imperméables Coton, laine, lin, mentions « sans PFAS »
Cosmétiques Produits waterproof Cosmétiques bio, sans PFAS
Hygiène Fil dentaire synthétique Fil dentaire en soie ou coton
Maison Produits ménagers chimiques Vinaigre blanc, bicarbonate, citron

Vers une réglementation européenne plus stricte

Les recommandations de l’ECHA

L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a préconisé une « restriction large » des polluants éternels à l’échelle européenne, sauf exceptions ciblées, reconnaissant les risques croissants pour la population et l’environnement. Cette proposition, si elle est adoptée, constituerait l’une des restrictions les plus ambitieuses jamais mises en place dans l’Union européenne.

La restriction envisagée couvrirait la fabrication, la mise sur le marché et l’utilisation des PFAS dans une multitude de secteurs, avec des périodes de transition variables selon les applications et la disponibilité d’alternatives viables.

Le coût humain et économique de l’inaction

Les experts estiment que le coût de la contamination aux PFAS, en termes de santé publique et de dépollution environnementale, se chiffre en milliards d’euros. Investir dès maintenant dans la prévention et la substitution des PFAS permettrait d’éviter des dépenses bien plus importantes à l’avenir, sans compter les souffrances humaines évitées.

En étant attentif aux étiquettes, en privilégiant les produits naturels et en adoptant des habitudes de consommation responsables, chacun peut contribuer à réduire son exposition aux PFAS. Ces gestes individuels, combinés à une réglementation plus stricte et à l’innovation industrielle vers des alternatives plus sûres, sont essentiels pour protéger notre santé et celle des générations futures. 🌱

La prise de conscience collective autour des PFAS ne fait que commencer, mais elle est indispensable pour inverser la tendance de cette contamination généralisée. Informez-vous, partagez ces informations avec votre entourage, et n’hésitez pas à interpeller les fabricants et les décideurs politiques pour exiger des produits plus sûrs et un environnement plus sain pour tous.

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Journaliste spécialisée en santé et bien-être, Camille informe avec clarté et passion pour inspirer des choix de vie sains et éclairés.

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